Panneau 18 bis

La Fête nationale du Québec à Montréal -
Je me souviens!

Un banquet à l'origine de la Fête nationale

Légende : Banquet de fondation, le 24 juin 1834. Archives nationales du Québec à Montréal, Collection Édouard-Zotique Massicotte (P750, S2, B01). Photographe non identifié.

 

La Saint-Jean-Baptiste est célébrée au Québec depuis l’époque de la Nouvelle-France. L’idée d’en faire une fête nationale remonte toutefois au 19e siècle : désireux de créer un événement annuel rassembleur, Ludger Duvernay, propriétaire du journal La Minerve, organise le 24 juin 1834 un grand banquet de la Saint-Jean-Baptiste. La soirée réunit 60 notables et hommes politiques, notamment Jacques Viger, maire de Montréal, Louis-Hippolyte La Fontaine et George-Étienne Cartier,  pour ne nommer que ceux-là. « Cette fête, dont le but est de cimenter l’union entre les Canadiens, ne sera point sans fruit », peut-on lire dans La Minerve du 26 juin 1834. « Elle sera célébrée annuellement comme Fête Nationale, et ne pourra manquer de produire les plus heureux résultats. »

 

Signe du succès de cette première édition, la Fête nationale est célébrée en 1835 dans plusieurs autres localités du Bas-Canada. Interrompues pendant les Rébellions des patriotes, les festivités de la Saint-Jean-Baptiste vont continuer de gagner en popularité tout au long du 19e siècle.

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Le 24 juin 1834, la Saint-Jean-Baptiste est célébrée comme fête nationale des Canadiens-français pour la première fois. Le tout se déroule à l’initiative de Ludger Duvernay (1799-1852), propriétaire du journal La Minerve. À l’image des Irlandais et de leur Saint-Patrick, on souhaite doter les Canadiens-français d’une fête grandiose célébrée chaque année. 

Pour l’occasion de cette première édition, 60 personnes sont conviées au jardin de l’avocat réformiste John McDonnell pour un grand banquet. Canadiens-français, Irlandais et Américains font partie des convives. La soirée est ponctuée de nombreux toasts qu’on dédie au peuple, à la Chambre d’Assemblée du Bas-Canada, à l’agriculture, à la liberté de presse, aux immigrants des îles britanniques… Ces différentes prises de parole sont intercalées d’intermèdes musicaux, alors que les invités entonnent des refrains patriotiques, dont plusieurs ont été composés pour l’occasion. L’ambiance festive est d’ailleurs relatée par le journal La Minerve du 26 juin 1834 :

« La plus grande gaité régna pendant toute la soirée. Le dîner préparé par Jehlen était splendide. […] Les lumières suspendues aux arbres, la musique et l’odeur embaumée que répandaient les fleurs, la beauté du site, tout tendait à ajouter aux charmes du spectacle. » 

Dans les années subséquentes, le souhait de Ludger Duvernay de faire de la Saint-Jean-Baptiste une fête nationale des Canadiens-français se concrétise. En 1835 et en 1836, la fête de la Saint-Jean-Baptiste est célébrée dans plusieurs localités du Bas-Canada. Plus tard au 19e siècle, les festivités prennent de l’ampleur avec l’ajout de nombreuses autres activités et événements qui font aujourd’hui partie de la tradition. Un premier défilé est par exemple organisé en 1843, suivi d’une messe solennelle ; un premier grand spectacle musical de la Saint-Jean-Baptiste est présenté sur l’île Sainte-Hélène en 1874. 

Au 21e siècle, l’œuvre de Ludger Duvernay continue d’être célébrée et commémorée à travers différentes initiatives. Qu’il soit personnifié lors des défilés ou mentionné lors des Grands spectacles, Duvernay demeure l’une des figures les plus importantes de l’histoire de la Fête nationale du Québec !