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La Fête nationale du Québec à Montréal -
Je me souviens!

Une foule monstre en 1990

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Jean Duceppe, 1990. Archives nationales du Québec à Montréal, fonds La Presse (P833, S2, D1707). Photo : Pierre McCann.
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Défilé de la Fête nationale sur la rue Sherbrooke, 1990. Archives nationales du Québec à Montréal, fonds Point du jour aviation (P690, S1, D90-505, P73). Photo : Jean-Marie Cossette.

Les célébrations de la Saint-Jean-Baptiste de 1990 prennent une ampleur considérable, alors que plus de 200 000 personnes assistent au défilé dans la rue Sherbrooke. L’énorme succès de cette édition s’explique en partie par un événement majeur de l’histoire politique canadienne : l’échec de l’accord du lac Meech, annoncé deux jours plus tôt. Cette entente devait entre autres faire reconnaître le caractère distinct de la société québécoise au sein de la constitution canadienne.

 

Le dénouement de ces négociations est commenté de toutes parts durant les festivités de la Fête nationale. Le discours patriotique de l’illustre comédien Jean Duceppe marque aussi les mémoires : « à tous ceux et celles qui vivent avec nous, au Québec, qui veulent vivre au Québec, qui veulent rester au Québec, quelle que soit leur nationalité, nous les invitons à bâtir, avec nous, la nouvelle société du Québec, le “Québec nouveau”. » À l’aube du référendum de 1995, ces événements ravivent la flamme souverainiste dans la province.

En savoir plus

Le Défilé de la Saint-Jean-Baptiste de 1990 se déroule dans une ambiance électrisante, nourrie par les événements politiques qui viennent alors tout juste de survenir. L’échec de l’accord du Lac Meech est un revers majeur pour les nationalistes et les souverainistes qui profitent de la Fête nationale pour manifester leur mécontentement. Outre les t-shirts et les macarons aux messages nationalistes, des slogans à saveur politique sont scandés tout au long de la procession. Le discours patriotique de l’acteur Jean Duceppe, invitant les communautés culturelles à bâtir le Québec de demain, marque aussi les mémoires. Malgré la foule monstre de 200 000 personnes réunies dans la rue Sherbrooke, aucun débordement n’est noté et tout se déroule dans le calme.

 

La procession est aussi ouverte par un tableau remarquable : une énorme structure représentant un mouton à la tête noire est amenée dans la rue par un groupe de marcheurs issus de différentes communautés culturelles, puis suivie d’une troupe de danseurs autochtones. Rappelant le mouton blanc du petit saint Jean-Baptiste, un incontournable des défilés d’autrefois, cette autre interprétation de l’animal veut changer l’image du Québec « pure laine » et illustrer plus fidèlement le Québec contemporain.