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La Fête nationale du Québec à Montréal -
Je me souviens!

Le fleurdelisé 

Défilé avec un grand drapeau du Québec, vers 1940. Archives Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Photographe non identifié.
Légende: Magasin départemental A. Lamy, 1905. Albums Massicotte, Collections de BAnQ (0002733796).

Difficile d’imaginer un défilé de la Saint-Jean-Baptiste sans l’omniprésence du fleurdelisé! Son lien avec la Fête nationale remonte aux célébrations du 24 juin 1848 à Québec : on y présente pour la première fois un drapeau orné de fleurs de lys, utilisé lors de la bataille de Fort Carillon (1758). Plus tard, au début du 20e siècle, une nouvelle version de ce drapeau, appelée « carillon moderne », gagne en popularité et est fréquemment brandie lors des défilés. Dans cette version, les fleurs de lys sont disposées dans les quatre coins et pointent vers le centre du drapeau.

En 1948, pressé par l’Assemblée nationale de doter le Québec d’un drapeau national, Maurice Duplessis adopte officiellement le fleurdelisé tel qu’on le connaît aujourd’hui : les fleurs de lys sont désormais positionnées à la verticale. Dès lors, le drapeau québécois devient un véritable incontournable des fêtes de la Saint-Jean.
 

En savoir plus

Des drapeaux nationaux sont brandis à la Saint-Jean-Baptiste depuis les toutes premières éditions de la Fête nationale. Même si cela peut sembler surprenant aujourd’hui, c’est le drapeau britannique qui flotte en tête des premières processions de la Saint-Jean-Baptiste dans les années 1840. À partir de 1855, on ajoute aussi le drapeau français au cortège. La fleur de lys est alors loin d’être aussi omniprésente qu’aujourd’hui : pour le défilé, les gens sont plutôt invités à décorer leurs maisons de feuilles d’érable. C’est même ce symbole qui est choisi comme emblème officiel de la Société Saint-Jean-Baptiste!

 

Un premier drapeau orné de fleurs de lys apparaît toutefois au défilé de la Saint-Jean à Québec, en 1848. Découverte par hasard dans un grenier de la capitale, la bannière bleue ornée d’armoiries et de fleurs de lys dans les coins fait beaucoup jaser. On associe alors ce drapeau à la bataille du Fort Carillon (1758), l’une des rares confrontations de la Guerre de Sept Ans gagnée par les Français sur les Britanniques. Bien que plusieurs historiens questionnent aujourd’hui la véracité de cette association, le lien à cette victoire française va populariser la fleur de lys comme symbole de la résilience du peuple canadien-français. 

 

L’histoire du drapeau ne s’arrête pas là. En 1902, l’abbé Filiatrault, prêtre au village de Saint-Jude en Montérégie, fait hisser une nouvelle version du drapeau de 1848. Appelée « Carillon moderne », cette version épurée conserve les fleurs de lys dans les coins ainsi que la célèbre croix blanche sur fond bleu. L’année suivante, on ajoute au centre du drapeau le symbole du Sacré-Cœur, entouré de feuilles d’érables. Cette nouvelle mouture du drapeau est ensuite adoptée graduellement par plusieurs paroisses et sociétés à travers le Québec.

 

À Montréal, le carillon Sacré-Cœur fait son entrée dans le défilé de la Saint-Jean-Baptiste en 1903 : il s’ajoute alors aux drapeaux français et britanniques qui flottent depuis des décennies lors des festivités du 24 juin. Certains sont réticents à voir le drapeau français être remplacé par ce nouveau symbole, alors que d’autres s’en réjouissent. Cependant, grâce à de vastes campagnes de promotion, le nouveau drapeau devient de plus en plus populaire, inspirant même le design du fleurdelisé tel qu’on le connaît aujourd’hui. Inauguré en 1948 sous le gouvernement Duplessis, le drapeau du Québec fait désormais partie intégrante de la Fête nationale. 

 

LE SAVIEZ-VOUS? 

 

Dès les années 1950, un salut au drapeau est composé et récité fréquemment lors d’événements spéciaux ou même dans les salles de classe. L’artiste Raôul Duguay en compose aussi une version pour la Société Saint-Jean-Baptiste : 

 

« Drapeau du Québec,

je te salue

 

À toi mon respect,

ma fidélité

 

Vive le Québec,

vive son drapeau

 

Vive mon pays

et son fleurdelisé

 

Vive mon pays

et son fleurdelisé »

 
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