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Célébrons le centenaire des Archives nationales du Québec! 

Un lundi dans une ruelle... jour de lavage... 

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Légende: Ruelle, 1960-1970. BAnQ Vieux-Montréal, fonds Antoine Desilets (P697,S1,SS1,SSS6,D24). Photo: Antoine Desilets.

Lundi, c’est le jour du lavage! Demain, ce sera le jour du repassage! La société des années 1960 semble être très écologique… avant la lettre. Il faut dire toutefois que le sèche-linge n’est pas encore très répandu. En attendant, le décor de la ruelle rappelle les sémaphores des navires qui échangent des messages. Ici, le message semble: «Madame Blancheville, c’est mon linge qui est le plus blanc!»

https://advitam.banq.qc.ca/notice/611654

Monday is laundry day! Tomorrow will be ironing day! The society of the 1960s seems to be very ecological... "avant la lettre". It must be said, however, that the tumble dryer is not yet very widespread. In the meantime, the decor of the alleyway reminds us of the semaphore signals use to communicate between ships. Here, the message seems to be: “Mrs. Cleanliness, it's my laundry that is the whitest!”

 

Histoire des ruelles 

De la Nouvelle-France à la fin du 18e siècle

Les ruelles étaient inexistantes dans le Montréal de la Nouvelle-France et jusqu’à la fin du 18e siècle en raison de la faible densité du développement urbain.

Vers 1800, avec l’essor de Montréal, on assiste à la création de petites rues qui portent parfois le nom de ruelles. Elles sont souvent étroites et mènent à un cul-de-sac mais elles servent d’accès principal à des maisons. Certaines existent toujours comme la rue de la Capitale ou la ruelle des Fortifications.

 

C’est aussi à cette époque de densification qu’apparaît la porte cochère pour accéder à l’arrière des bâtiments.

La ruelle comme desserte arrière

La ruelle telle que nous la connaissons aujourd’hui n’apparaît pas dans les quartiers populaires mais plutôt dans les quartiers riches, soit dans le centre-ville actuel, durant la décennie 1840. On procède alors au lotissement de la ferme McTavish entre les rues Sherbrooke et Sainte-Catherine Ouest, Mansfield et Stanley.

Comme les terrains sont étroits et les maisons en rangées, on divise le tout en ilots desservis par des ruelles en forme de lettre «H» pour accéder aux écuries et aux logements des cochers. À compter de 1910, ce sont les automobiles qui commencent à prendre la place des chevaux.

Dans les quartiers ouvriers

Comme les quartiers ouvriers deviennent de plus en plus densifiés, les propriétaires vont tout d’abord faire construire des logements dans les cours arrière accessibles par une porte cochère. C’est à partir de 1870 que la ruelle se développe dans les quartiers industriels, principalement dans la municipalité d’Hochelaga. À la même époque, les ruelles se développent en plus grand nombre dans le Golden Square Mile et sur le Plateau Mont-Royal. Sur le Plateau, on a donc des ruelles bourgeoises et des ruelles ouvrières. À partir de 1890 et jusque vers 1919, les ruelles sont partout, dans Rosemont, dans Mercier, dans Notre-Dame-de-Grâce ou Villeray.

À compter des années 1940 et 1950, la ruelle disparaît des nouveaux développements.
Elles deviennent graduellement le lieu des vendeurs ambulants comme les affuteurs de couteaux, le lieu où se fait la livraison de mazout et un terrain de jeux pour les enfants du baby boom.

Un lieu dangereux?

Les ruelles non pavées, non éclairées, avec leurs hangars peuvent être des lieux sombres et des endroits de criminalité. En 1944, un sergent-détective y est abattu par des cambrioleurs qui y sévissent.

Au début des années 1960, la ruelle montréalaise a mauvaise réputation chez certains fonctionnaires municipaux et le mot prend un sens péjoratif.

«...on a immédiatement l’idée d’une voie de service sombre et nauséabonde, au sous-sol sillonné de tunnels de rats, étranglée dans un corset de derrières de maisons, de hangars délabrés et de clôtures de bois pourri, pavé de débris de toutes sortes, zigzaguée de cordes d’où pend du linge dégoutant, restaurant des chiens errants qui se régalent avant l’arrivée des vidangeurs, scène des chorales de chats de gouttières qui exécutent des sérénades ou des nocturnes larmoyantes et lugubres, poste de guet ou refuge des voleurs, escale des ivrognes et lieux d’aisance des noctambules».

Revitalisation

Au début des années 1980, sous l’administration du maire Jean Drapeau et du président du comité exécutif, Yvon Lamarre, la Ville de Montréal met sur pied deux programmes: Opération Tournesol et Place au Soleil.

Opération Tournesol est un programme de subventions visant la démolition des hangars dans les cours arrière parce trop souvent vétustes et qu’ils représentent de grands risques d’incendies. En 1989, ce sont plus de 35 000 hangars qui ont été démolis.

 

L’opération Place au Soleil permet, après l’élimination des hangars, de transformer les ruelles en petits parcs et d’améliorer ainsi la qualité de vie des citoyens. Jusqu’à l’abandon du programme en 1988, en raison des coûts, ce sont 58 ruelles qui sont aménagées.

Depuis 1997, des projets de ruelles vertes ont vu le jour notamment sur Le Plateau Mont-Royal mais aussi dans Rosemont-Petite-Patrie, dans Centre-Sud ou dans Hochelaga-Maisonneuve. Dans ce dernier quartier, la ruelle animée du Dr Julien est incontournable. Les ruelles ont donc un riche passé mais aussi un bel avenir.

Source: Archives de Montréal

http://archivesdemontreal.com/2014/10/06/chronique-montrealite-no-15-breve-histoire-des-ruelles-de-montreal/

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