Photo ouverture-fermeture 2_light

Célébrons le centenaire des Archives nationales du Québec! 

présentée par
Logo_LAPRESSE_RENVERSE.png

Le grand magasin du nord de la ville

Choisie par le public - Chosen by the public 

Photo 23_light.png
Légende: Le Mont Royal, carte postale, Montréal, Illustrated Post Card Co., entre 1910 et 1920. Collections de BAnQ, Collection Pierre Monette (0002633309).

Construit en 1906, ce magasin «départemental», ainsi appelé à cette époque, fait la fierté de la ville de Saint-Louis, laquelle occupe le territoire au nord de l’avenue du Mont-Royal. Après des débuts difficiles, J.O. Gareau fait connaître au magasin un immense succès. Il ferme ses portes au moment de la crise en 1930. L’édifice existe toujours angle Mont-Royal et Saint-Laurent, quoique son enveloppe soit modifiée. Cette carte postale nous permet d’apprécier la qualité de l’architecture de ce bâtiment.

https://cap.banq.qc.ca/notice?id=p%3A%3Ausmarcdef_0002633309&Lang=FRE

Built in 1906, this "departmental" store, as it was called at the time, is the pride of the city of Saint-Louis, which is located north of Mont-Royal Avenue. After a difficult start, J.O. Gareau made the store a huge success. It closed its doors in 1930, at the time of the Great Depression. The building still stands at the corner of Mont-Royal and Saint-Laurent, although its appearance was modified. This postcard allows us to appreciate the quality of the building's architecture.

Le Mont-Royal fut, au début du 20e siècle, le grand magasin du nord de la ville. Situé au coin nord-ouest du boulevard St-Laurent et de l’avenue du Mont-Royal Ouest, il aura été pendant presque 30 ans le magasin «départemental» du quartier. L’histoire des propriétaires de ce bâtiment permet de faire la connaissance de personnages influents de l’histoire de Montréal tels que Trefflé Berthiaume (1848–1915) et Joseph Osias Gareau (1863–1935). Le récit des locataires nous offre, quant à lui, un instantané de la transformation de l’économie du quartier.

Pendant plus d’un siècle, le terrain sur lequel se trouve aujourd’hui le 1–27 avenue du Mont-Royal Ouest appartient à la famille Clark–Bagg. En mars 1905, Trefflé Berthiaume, ancien (et futur) propriétaire du journal La Presse, en fait l’acquisition. En 1906, il y fait construire un bâtiment de 3 étages qui occupe la tête d’îlot au complet, du boulevard Saint-Laurent à la rue Clark. À l’époque où plusieurs grand magasins sont déjà bien établis, notamment sur la rue Sainte-Catherine à Montréal, la ville de Saint-Louis a, elle aussi, son magasin à rayons: Le Mont-Royal, et les premiers à le diriger sont les marchands Vanier et Lesage. Malheureusement, ils ciblent une clientèle trop haut de gamme pour Saint-Louis, et doivent fermer le magasin moins de trois ans plus tard.

C’est sous la direction de Joseph Osias Gareau que le magasin connaît ses heures de gloire. En 1909, le journal La Patrie dit de ce dernier qu’il «possède un magasin [Le Mont-Royal] digne de ses hautes aptitudes commerciales». Brièvement propriétaire de la maison Fecteau à l’intersection de Saint-Laurent et Fairmount, il a été élu à deux reprises président de la Société des marchands-détailleurs de nouveautés de la province de Québec et a été conseiller à la Chambre de commerce du district de Montréal. Cet homme d’affaires se lance donc dans la grande aventure du magasin à rayons Le Mont-Royal avec un certain bagage.

 

En outre, J. O. Gareau est l’un des associés de la compagnie E.T. Corset, entreprise prospère de Saint-Hyacinthe œuvrant dans la fabrication de corsets. C’est une compagnie d’envergure au même titre que les confitures Raymond ou la fabrique d’orgues Casavant. D’ailleurs, certaines représentations d’époque du magasin Le Mont-Royal montrent bien l’enseigne de la compagnie maskoutaine que Gareau fait installer sur le coin de l’édifice.

En mai 1910, Gareau, qui loue et dirige le magasin Le Mont-Royal depuis un an, achète l’immeuble pour 100 000 $ d’un agent immobilier qui venait juste de le reprendre de Trefflé Berthiaume. Berthiaume vit une situation financière difficile suite à la vente de parts du journal et à la saisie d’une usine de papier dont il est actionnaire: la Saint-Raymond Paper. Durant cette période, il vend également plusieurs immeubles. Toutefois en 1913, la situation financière de Berthiaume s’améliore et il rachète toutes les parts de La Presse, redevenant ainsi l’unique propriétaire du plus grand quotidien francophone de l’époque.

 

En 1913, le chiffre d’affaires du magasin atteint 350 000 $ et on y emploie 75 personnes. Le bâtiment, pour sa part, est évalué à 500 000 $. En trois ans, Gareau a quintuplé son investissement en plus d’avoir fait du Mont-Royal un magasin rentable. De surcroît, son arrivée comme propriétaire entraîne une augmentation et une diversification des locataires. À l’angle de la rue Clark et de l’avenue du Mont-Royal, un pharmacien, une polyclinique et un épicier se côtoient au rez-de-chaussée. Malgré cette transformation, le magasin conserve ses deux entrées, soit le 1 avenue du Mont-Royal Ouest et le 1502 boulevard Saint-Laurent. Le bijoutier J. Omer Roy s’occupe du rayon bijouterie entre 1919 et 1923.

La gestion du magasin à rayons a été transférée à l’entrepreneur juif Meyer Poyaner à partir d’août 1923. Comme en témoignent plusieurs articles parus dans The Canadian Jewish Chronicle, le passage du flambeau ne passera pas sous silence dans la communauté juive.

Un réel changement de pignon sur rue s’effectue à partir des années 1920 lorsque le 1 est loué (puis vendu) à la Banque Royale du Canada. Cette partie de l’édifice représente un local de prestige lisible dans l’architecture. La façade des deux premiers étages est rythmée par des pilastres ornés de chapiteaux sculptés. Les pierres de taille qui les composent font contraste à la brique rouge que revêt le reste du bâtiment dont le troisième étage et le mur de la rue Clark. La banque occupe ce local jusque dans les années 1980. Ce sera le plus fidèle des occupants.

En 1926 et 1927, Gareau vend l’édifice, en trois parties, à la banque et à des investisseurs en immobilier. Parmi les locataires, on trouve des manufactures comme la Klein Manufacturing Company et la John W. Peck & Co.

Le Mont-Royal ferme au début des années 1930. C’est sûrement la crise économique de l’époque qui a sonné le glas pour le grand magasin du nord. Jusque dans les années 1980, les étages seront occupés par des manufactures.

Suite à des transformations majeures après la Deuxième Guerre mondiale, le bâtiment porte bien peu d’éléments d’origine. La bordure du toit, jadis très ornementée, est désormais rectiligne et recouverte d’un solin de métal des plus conventionnels. Les ouvertures des fenêtres ont été élargies aux étages supérieurs. Le revêtement de briques et de pierres de l’époque a été complètement remplacé; il reste peu de traces des pilastres qui rythmaient la façade. Aujourd’hui, il est difficile d’imaginer que le rez-de-chaussée fût un jour le grand magasin du nord de la ville.

En ce moment (2016), l’entreprise de gestion immobilière Les développements Iberville Limitée (Les placements Jeton bleu) est le propriétaire de l’immeuble. Les locaux sont occupés notamment par des restaurateurs au rez-de-chaussée et des bureaux aux étages; on y trouve le CLSC Saint-Louis-du-Parc depuis 2007.

Source: la société d'histoire Mémoire du Mile-End

http://memoire.mile-end.qc.ca/fr/magasin-le-mont-royal/

En savoir plus

LES PARTENAIRES

Rue saint-denis.png
Archives nationales.png
Logo_Lapresse.png
Société_d'histoire_du_plateau.png
Ville_de_montréal.png
Logo_Québec.png